Historique



Historique du village

Préhistoire
A Cubserviès, des gravures rupestres ont été retrouvées sur les roches du plateau qui domine le village, ainsi que des dolmens visibles de nos jours.

De la conquête romaine à nos jours...
Lors de la conquête romaine, la forêt de hêtres aux arbres séculaires recouvrait la région. Ce vaste domaine, vierge de toute occupation humaine, allait bientôt connaître une intense activité industrielle, créée par les nouveaux occupants, en fonction de la présence de mines de fer situées non loin de la forêt. Représentant un combustible particulièrement abondant, la futaie allait être peu à peu abattue pour obtenir le charbon de bois nécessaire aux nombreuses fonderies de fer implantées dans la région des Martys . Le site de la Ferrière témoigne, près de Saint-Sernin, de la présence de cette industrie dont la durée fût de trois siècles: 1°r siècle av. J.C. au III° siècle ap. J.C
Lorsque les fondeurs laissèrent ces terres déboisées, des groupes de paysans gallo-romains pratiquant l'élevage des bestiaux occupèrent ce territoire sur lequel le christianisme allait bientôt s'implanter. Deux églises furent édifiées: la première, probablement Saint-Brice, donna son nom à ce petit pays, la seconde fut SaintSernin. Le vocable paléochrétien de ces lieux de culte plaide en faveur d'une haute antiquité, nous allons en avoir la preuve en ce qui concerne Saint-Sernin
Il y a encore cinquante ans, ce plateau était parsemé d'exploitations agricoles transformées depuis en forêts de pins.Cependant des fermes sont en train de renaître.


De nos jours...
Le calme, la tranquilité et une association qui se bat pour que le patrimoine historique de la région ne disparaisse pas.

Histoire de l'église romane de Saint Sernin de Cupservier

Situation géographique
L'église Saint-Sernin est située dans le Cabardès au N.O. du village de Cupserviès, commune de Labastide-Esparbairenque (Aude), en bordure du plateau de Sant-Brès (1) dominant le versant méridional de la Montagne Noire. Bordée par les lignes de faîte de cette chaîne montagneuse selon un axe N.O.-S.E., l'altitude du plateau est de 800 m. de moyenne. Le climat y est froid et rigoureux pendant l'hiver, au cours des beaux jours, lorsque le soleil brûle la plaine languedocienne, la contrée se transforme en un havre de paix et de fraîcheur, on y jouit alors d'un air excellent, d'un paysage agréable ayant pour toile de fond une vue unique sur la chaîne des Pyrénées et, tout près de là, sur le site de Cupserviès avec sa splendide cascade dominée par le village accroché à la montagne. Il y a encore cinquante ans, ce plateau était parsemé d'exploitations agricoles transformées depuis en forêts de pins.

Historique
Lors de la conquête romaine, la forêt de hêtres aux arbres séculaires recouvrait la région. Ce vaste domaine, vierge de toute occupation humaine, allait bientôt connaître une intense activité industrielle, créée par les nouveaux occupants, en fonction de la présence de mines de fer situées non loin de la forêt. Représentant un combustible particulièrement abondant, la futaie allait être peu à peu abattue pour obtenir le charbon de bois nécessaire aux nombreuses fonderies de fer implantées dans la région des Martys (2). Le site de la Ferrière témoigne, près de Saint-Sernin, de la présence de cette industrie dont la durée fût de trois siècles: Ier siècle av. J.C. au IIIe siècle ap. J.C.
Lorsque les fondeurs laissèrent ces terres déboisées, des groupes de paysans gallo-romains pratiquant l'élevage des bestiaux occupèrent ce territoire sur lequel le christianisme allait bientôt s'implanter. Deux églises furent édifiées: la première, probablement Saint-Brice, donna son nom à ce petit pays, la seconde fut Saint- Sernin. Le vocable paléochrétien de ces lieux de culte plaide en faveur d'une haute antiquité, nous allons en avoir la preuve en ce qui concerne Saint-Sernin.

L'église de SAINT BRICE
Le terroir de Saint Brès est signalé en 1276 dans une donation du seigneur d'Hautpoul (3) ; puis au XIVe siècle, le prieuré devient église rurale, par opposition aux églises paroissiales, selon les renseignements de Monseigneur Griffe (4). Par la suite, les registres des notaires du Tarn ou de l'Aude -Mas Cabardès- mentionnent soit les nominations des prieurs de Saint Brès, soit les baux des rentes que ces derniers accordent à des fermiers pour lever! les fruits sur les terroirs voisins (5). En 1786 encore, le curé de Mazamet prend possession du prieuré au nom du titulaire résidant à Thiers.
L'église est déjà ruinée au XVIle siècle. Aujourd'hui, on ne voit que des tas de pierres formant parfois un mur irrégulier, sous la végétation. Une croix, selon la tradition, a été replacée au sommet de la montagne, précisément à quelques mètres des ruines, à la limite des communes de Labastide et Roquefère. Déjà en 1668, les recteurs de Saint-Sernin, Saint-André et Roquefère étaient allés en procession pour planter une croix avec une multitude de fidèles (15).

L'église de SAINT SERNIN
En 1094, Pierre, évêque de Carcassonne, et les chanoines de son église, reçoivent en donation Saint Saturnin de Vals, près de Miraval. En 1133, un acte mentionne un échange de certains droits sur l'église de Saint Saturnin de Vales en Cabardès, au nom de l'évêque et du chapitre cathédral de Carcassonne (6). Le vocable est conservé en 1227: « ecclesia Sancti Saturnini de Valers » (6). Elle figure comme église paroissiale dans les registres des Papes d'Avignon en 1269. A la même date, la déclaration des droits et revenus de l'évêché fait apparaître une nouvelle appellation: Saint Saturnin de Querioserverio (7).
Jusqu'à ce changement de nom, on pourrait croire que les références concernent une autre église romane sur le territoire de Miraval, sous le vocable de Saint Pierre de Vals, Par contre, aucun rapprochement n'est possible avec l'église Saint Sernin de Miravalle située dans la commune de Mireval-Lauragais, et donc dans le diocèse de Toulouse (8).

Image
Saint Sernin, façade sud. A gauche, l'entrée actuelle. La fenêtre que l'on voit au centre est située à l'emplacement de l'ancienne porte romane (7). Les deux fenêtre romanes (12 & 13) et la fenêtre d'époque récente (14). Les boulins d'échafaudage sont nettement visibles dans le mur roman (Photo J.L Bonnet).

L'église Saint Pierre de Vals se trouve mentionnée en 1165 dans une donation des seigneurs de Miraval au monastère de Fontfroide (9). L'enquête de 1269 cite Saint Pierre de Vals au même moment où apparaît la nouvelle appellation de Saint Saturnin de Querio Serverio. Coïncidence ou réalité si l'on voulait bien imaginer que la dédicace de l'église a évolué de Saint Sernin en Saint Pierre. Il faut convenir que les changements de patron sont fort rares (10). Or, dans le cas qui nous intéresse, l'église de Vals a déjà substitué au patron primitif un nouveau saint: Saint Pierre. Au IXe siècle, Saint Jean de Vals dépend du monastère de Saint Etienne du Mas Cabardès (11). On voit mal comment deux changements de vocable auraient lieu pour la même église rurale.
Saint Sernin de Vales correspond à l'église de Saint Sernin, sur le terroir de Cupservier ; elle change d'appellation en 1269 lorsque le décimaire de Vales disparaît au profit du hameau qui s'établit sur le rocher à Querio Serverio (première mention de Cupservier en 1221). En 1641, l'église et cimetière de Saint Sernin sont signalés.
En 1740, le curé de la paroisse entreprend la restauration; il mentionne que « l'ancienne église a été détruite depuis un temps immémorial soit par vétusté, soit par le malheur du temps » (17). Cinquante ans plus tard, Viguerie (12) considère que « l'église de Cupservier champêtre est précisément l'église paroissiale, anciennement détruite par les Albigeois ». Il est impossible d'accepter cette information qui n'est fondée sur aucun texte. Le même volume de Viguerie comporte déjà une erreur flagrante: l'église de La Bastide se trouverait dans le territoire de Cupservier ; en fait, il s'agit de celui de Roquefère.
Des mentions nombreuses attestent encore de l'existence de l'église Saint Sernin et du cimetière dans les registres de Cupservier, existant depuis 1673 (13). La destruction partielle de l'église ne peut dater que de quelques dizaines d'années. On peut penser aux troubles religieux du début XVIIe siècle et à une erreur compréhensible de Viguerie. En 1621, le recteur de Labastide baptise un enfant d'étrangers venus se réfugier au village « à cause que les hérétiques huguenots ont pillé, ruiné et brûlé les églises » (15). En 1623, il obtient de l'évêque « la réconciliation de l'église Saint André polluée par effusion de sang ». En 1628, il procède à la sépulture du métayer de La Fonfrège, métairie brûlée par les Huguenots avec d'autres fermes du terroir. Il faut remarquer que cette métairie fait partie de la paroisse de Cupservier et que la sépulture aurait dû y être faite. Certains habitants de ce hameau se sont réfugiés au Mas et dans les villages voisins (14). Nous avons là de bonnes raisons de penser qu'un siècle s'est écoulé entre la destruction de Saint Sernin et sa restauration; la paroisse pouvait encore suivre les offices à Notre Dame de Cupservier, au centre du village, mais le cimetière était toujours celui de Saint Sernin. L' église champêtre était idéale, au centre du terroir et à une distance raisonnable de la plupart des métairies du plateau: sur le territoire de Cupservier comme Lacombe,. Fonpeiris, le Gua, le Perairol, le Teil ou sur celui de Labastide comme Laribaut, Fontfrège et Caninac.
L'église paroissiale a été endommagée par les huguenots, mais l'office a continué d'y être célébré pendant plusieurs années jusqu'à ce que le couvert menace les fidèles. Le 1er avril 1643, Me François Ramel, prêtre et recteur de Labastide, installe Me Antoine Auque comme nouveau recteur de Cupservier. La cérémonie a lieu devant la porte principale de l'église paroissiale Saint Sernin (16). On ne cesse pas d'enterrer au cimetière attenant; plus tard, un nouveau cimetière sera utilisé sous l'église Notre-Dame, dans le village.
Antoine Lannolier est pourvu de la cure de Cupservier en novembre 1733 ; il habite à la métairie de Laribaut qui appartient à M. Castanié. En 1739, il occupe le presbytère du village. Saint Sernin est en ruines, particulièrement la toiture qui a dû s'effondrer. Grâce à l'argent offert par un ancien curé de la paroisse, Pierre Alla, décédé au Mas en 1731, (200 livres) au complément donné par le recteur actuel, Antoine Lannolier, (325 livres) la restauration est possible (17). Les habitants fournissent par famille (une quarantaine environ) l'équivalent de 4 livres en travail. Les métayers offrent de transporter la ohaux ; M. de Roquefère, seigneur du lieu, donne 45 livres pour le bois nécessaire. Le total des réparations se monte à 700 livres. Cette somme moyenne correspond à une restauration intérieure, à la réfection de la toiture, à l'agrandissement de la nef, à la construction du presbytère.
La bénédiction a lieu le 9 octobre 1740 en présence du vicaire général. Plusieurs prêtres assistent à la cérémonie avec le seigneur et Antoine Metge, consul. En 1744, M. Mathieu Auque, chapelain du Mas, ancien curé de Cupservier, fait don de cinq chasubles neuves en soie et en taffetas provenant d'un marchand-brodeur de Toulouse. Ces ornements seront volés avec l'argent des coffres en 1773. Le 9 mai 1745, après avoir été refondue, la cloche de 200 livres est placée et bénie. Le 10 juin 1753, les fonts baptismaux sont inaugurés, ainsi que le presbytère construit de neuf « joignant l'église du côté de l'occident » (17). L'évêque de Carcassonne visite l'église de Saint Sernin le 4 octobre 1756; il autorise le curé et le marguilier à accorder un banc dans la nef à Jean-Pierre Huc et sa famille du Perairol, sous la promesse de fournir du bois. On sent bien que la paroisse -qui n'a pas de revenu fixe- a engagé des dépenses et qu'elle veut assurer la conservation de son église. Il est aussi prévu d'utiliser le bois pour réparer la sacristie et entretenir le presbytère attenant (17).
En 1970, l'église paroissiale de Saint Sernin était abandonnée depuis longtemps; son état de dégradation atteignait presque celui de 1740; l'exode rural avait provoqué une situation identique dans le village voisin de Cupservier. Sur l'église comme sur les maisons délaissées, la végétation reprenait ses droits avant une ruine prochaine.
Emus par l'état de délabrement de l'église, vouée à un effondrement possible, Pierre Miailhe et quelques amis dévoués décidèrent de restaurer cet ancien lieu de culte. Conscients des découvertes archéologiques qui pouvaient être faites, ils firent appel à notre concours ; ainsi la recherche archéologique allait compléter les documents historiques en fournissant des indications précieuses sur les origines de Saint Sernin et la mentalité des paysans de la Montagne Noire.

 

(1) Saint Brice s'écrit saint Brès en occitan.
(2) J.E. Guilbaut et Ch. Landes. Recherches récentes sur les mines et la métallurgie romaines de la Montagne Noire. Fédération Historique du Languedoc Méditerranéen et du Roussillon, Actes du XLIXe Congrès, Montpellier 1977, pp. 41 à 53.
(3) Miquel. Monographie de Hautpoul-Mazamet 1880.
(4) Mme Marty-séguy. Le prieuré de sant-Brès, manuscrit 1964.
(5) Arch. dép. Tarn; Arch, dép. Aude, série 3 E 4201,4202, 4253...
(6) Mahul. Cartulaire tome V pp. 542 et 551.
(7) Archives du Chapitre de Carcassonne, Ave Maria (copie en Mémoires de la Société des Arts et Sciences, tome 5, 2e série 1909).
(8) Archives Aude H 358.
(9) Collection Doat tome 59 f° 43.
(10) Mgr Griffe. Histoire religieuse des anciens pays de l'Aude, p. 177. Picard 1933.
(11) Histoire du Languedoc, tome 2, preuves col. 234.
(12) Viguerie. Annales tome II mss f° 724.
(13) Archives Aude 5 E 1353.
(14) Archives Aude 4 E. Mas-Cabardès 1 E 1.
(15) Archives communales Labastide Esparbairenque, I E 1.
(16) Archives Aude. 3 E 4212, registre de Me Pierre Barthe.
(17) Archives communales de Roquefère, 1 E 1 Cupservier.